à l’ombre d’un vaste détail, hors tempête.
Distribution
Chorégraphie, scénographie, costumes : Christian Rizzo | Interprètes : Enzo Blond, Fanny Didelot, Hans Peter Diop Ibaghino, Nathan Freyermuth, Paul Girard, Hanna Hedman, Anna Vanneau | Création lumière : Caty Olive | Création musicale : Pénélope Michel et Nicolas Devos (Cercueil / Puce Moment) | Texte : Célia Houdart | Régie générale : Jérôme Masson / Victor Fernandes | Régie son : Delphine Foussat | Régie lumières : Clément Huard / Romain Portolan | Administration, production : Les Indépendances, Hélène Moulin-Rouxel et Colin Pitrat
Remerciements : ICI—CCN, Valérie Gauthier, Bruno Capodagli, Josiane Collerais, Anne Bautz et Anne Fontanesi
Production l’association fragile
Avec le soutien de Dance Reflections by Van Cleef & Arpels Et de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée
Coproduction ICI—Centre chorégraphique national Montpellier – Occitanie | Bonlieu scène nationale d’Annecy | CND Centre national de la danse | La Biennale de Lyon | TANDEM Scène nationale Arras.Douai | Théâtre de Nîmes – Scène Conventionnée d’Intérêt National Art et Création Danse Contemporaine | ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie | CCN • Ballet de l’Opéra national du Rhin dans le cadre du dispositif Accueil Studio 2025 | Espaces Pluriels – scène conventionnée d’intérêt national Art et création – danse à Pau | Théâtre Auditorium de Poitiers (TAP) | Festival d’Automne à Paris | MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis, Bobigny | La Place de la Danse – CDCN Toulouse Occitanie | La Scène Nationale d’Albi-Tarn / GIE FONDOC | Scène nationale du Sud-Aquitain | Le Théâtre scène nationale de Saint-Nazaire
Création soutenue par le Département de la Haute-Garonne
Accueil en résidence Cndc – Angers
l’association fragile est soutenue par le Ministère de la Culture – Direction générale de la création artistique
Christian Rizzo est artiste associé au CN D en 2025 et 2026
© Photographies Marc Domage
À l’ombre des gestes et des choses qui s’accomplissent sans que l’on y prenne garde, une attention, soudain, se déploie. Et si le quotidien le plus intime était l’espace, sinon le lieu, qui nous relie à l’invisible ?
Pour commencer, il faut imaginer une image très simple, très ordinaire.
Presque une scène de la vie quotidienne. Peut-être quelqu’un qui nettoie une surface. Une personne, pourtant, entièrement requise par ce qu’elle fait. Ses mouvements sont extrêmement suspendus, concentrés, appliqués. Comme une proposition chorégraphique où l’action s’accomplit pour elle-même. Comme le frémissement d’une fiction qui se dérobe. Dans le sillage de ses précédentes créations, Christian Rizzo ouvre la scène aux puissances de l’abstraction, sans pour autant la soustraire au(x) spectre(s) du théâtre. Mais ici, c’est dans le battement et à l’interstice de ces deux dimensions que le réel de la danse peut apparaître. Grâce à un système de surtitrage distillant des bribes textuelles, l’espace se fictionnalise et recontextualise sans cesse le travail du chorégraphique. En parallèle d’une danse très organique, reliant physicalités engagées et suspensions, des situations apparaissent et disparaissent au gré d’une lumière en mouvement. Porté par une composition musicale pour orgue, un groupe de danseur.euse.s se forme, se divise, et se recompose sous le regard d’une structure labile. Ainsi la répétition échappe à la multiplication : en filigrane des absences, des trouées, se dessine un espace propice à l’apaisement. Un fragment, un détail, à la recherche d’une joie sereine.
Pensée à ce jour comme une pièce épilogue à la trilogie de l’invisible que constituait « une maison », « en son lieu » et « miramar », « à l’ombre d’un vaste détail, hors tempête. » invite la notion de vide comme condition sine qua non de la relation à l’autre. Portée par une équipe de 7 danseur.euse.s, la composition chorégraphique s’appuie sur des principes d’ellipses temporelles faisant dialoguer fragments et continuité dramaturgique. En quête d’un état d’apaisement heureux, la danse se glisse dans un écart fluidifié entre abstraction et récit, entre le concret du geste et sa puissance poétique. Fulgurances et suspensions s’accordent alors avec le son, la lumière et le textuel pour célébrer, en reprenant les mots du poète Phillipe Jaccottet : « Rien que l’espace, et au milieu, ce murmure, éternel. »
— Texte Noëmie Charrié
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