en son lieu
Création le 16 novembre 2020
au Studio Bagouet, ICI—CCN Montpellier
Chorégraphie, scénographie, costumes Christian Rizzo | Interprétation Nicolas Fayol | Création lumière Caty Olive | Création musicale Pénélope Michel et Nicolas Devos (Cercueil / Puce Moment) | Direction technique Bruno Capodagli | Administration, production, diffusion Les Indépendances, Hélène Moulin-Rouxel et Colin Pitrat
Remerciements : ICI—CCN, Valérie Gauthier, Bruno Capodagli, Josiane Collerais, Anne Bautz et Anne Fontanesi
Production l’association fragile
Coproduction ICI — centre chorégraphique national Montpellier – Occitanie / Direction Christian Rizzo | CENTQUATRE-PARIS | Pronomade(s) en Haute-Garonne | TRAVERSE — Hautes-Pyrénées
Remerciements Françoise Lebeau, FAR WEST et Christine Morquin, L’Essieu du Batut – résidence d’artistes en Aveyron
Photographies © Marc Domage
En son lieu excède la question de l’endroit. Il déborde de la portion délimitée dans l’espace pour revenir aux propriétés de la matière et lui restituer toute sa puissance de composition. D’abord travaillé en extérieur, au contact des sols accidentés, des bruits, des souffles et des mouvements de la nature, le solo de Nicolas Fayol, danseur rompu à la techniquebreak, parvient à faire jaillir la qualité d’un geste en relation immédiate avec le paysage. À rebours de l’environnement urbain, qui contextualise la danse hip-hop à outrance, cette immersion en milieu vivant révèle une forme de primauté poétique, antérieure à toute utilité, extérieure à toute virtuosité. De retour dans la boite noire du studio la correspondance entre le dehors et le dedans, l’expérience et le souvenir, précise les termes d’un dialogue qui, depuis le départ, se joue à deux. Au détour d’un corps, des fragments de narration surgissent, un portrait se dessine, se divise et se dédouble au cœur d’un processus d’abstraction où s’intensifient perceptions et sensations. Mais quel est le chemin emprunté : s’adonner à l’errance pour conjurer la solitude ou s’arracher de soi pour partir en dérive ?
— Texte Noëmie Charrié